Stéphane Rosa

Intronisé le 2 Juin, 2001.

Dans la longue et riche histoire de la NCW se dresse une ombre menaçante qui éclipse toutes les autres.

Rien ne prédisposait Stéphane Rosa à devenir lutteur. Ses parents haïssaient cette discipline pour s’en confesser, et lui même n’était pas du genre sportif. C’est pourquoi on ne donnait pas cher de sa peau lorsque ces amis et concitoyens de Beauharnois, (Iceman, Ben le King et Bertrand Hébert) l’ont convaincu d’aller «apprendre la business» sous les ordres de Frank Blues.

Il est un élève acharné et tenace, malgré les difficultés que sa taille de 6 pieds 8 pouces lui cause lorsque vient le temps d’apprendre à tomber. Mais les intangibles comme le charisme et la psychologie, si difficiles à apprendre, lui viennent naturellement. Stéphane est le type même du bon gars, complet avec le «babyface». Il mettra donc un masque, et sera toute sa carrière le cruel Géant Golem.

Il fait ses débuts lors d’un gala à Joliette, le 26 Novembre 1994, en tant que garde du corps de Phil Bélanger et Naja Viper. La fameuse, «grande, grande surprise!» que Phil promet aux telespectateurs de Joliette lui permet de battre Syl Dancer pour le championnat Inter-Cités. Les spectateurs sur place sont sans voix devant la taille de cet inconnu au masque de Cyclope.

Son premier combat survient 2 mois plus tard, ou il se rend à la limite de 10 minutes pour un match nul.Il progresse rapidement sous les ordres de Naja, et il profite bien des conseils judicieux et hypocrites de Bélanger. Après quelques combats par équipes, il amorce sa montée pour la gloire en battant 2 adversaires dans un match handicap. En mars, il obtient son premier combat de championnat(par équipes avec Phil) mais ne parvient pas à mettre la main sur le titre. Il prend rapidement de l’expérience et semble en route pour ChallengeMania III alors que la tragédie frappe à L’épiphanie.

Dans une démonstration de courage encore cité en exemple dans les vestiaires de la NCW, Golem se fracture le poignet en portant une descente de la jambe du 3e câble, un mouvement beaucoup trop risqué pour un homme de sa stature. Qu’à ce la ne tienne, il complète le match et porte même son nouveau finish, le Ocean Cyclone, alors qu’il doit soulever son adversaire sur ses larges épaules. Après s’être rendu rapidement à l’hôpital, il revient avec un plâtre. Tout ceci survient 2 semaines seulement avant le gala annuel de Beauharnois, sa ville natale.

Le Géant est dévasté, mais il reprend courageusement son rôle de garde du corps, et revient sur lering beaucoup plus vite que les médecins l’auraient souhaités, à la fin août, pour affronter nul autre qu’une verte recrue du nom de Carl Leduc. Puis il se remet sur le chaemin de la victoire, et obtient une spectaculaire série de matches pour le championnat Inter-Cités qu’il passe bien près de ravir à iceman, son plus fameux adversaire en carrière.

Golem est ensuite un élément clé de la NCW qui fait sa rentrée à Montréal. C’est lui qui est choisi pour affronter la vedette locale Marc le Grizzly, pour ensuite faire les frais des finales «hardcore» contre les Wild Thing et Black Bear. Puis il devient un monstre incontôllable, qui porte son terrible choke-slam à l’annonceur maison, au président Plouffe et à tous les lutteurs qui tentent de leur venir en aide. Il rive les épaules de Frank Blues à L’épiphanie, et complète le tout à Montréal le 26 avril en remportant le Tournoi des Maître 96 qui couronne le nouveau champion Québécois de la NCW. Il restera le seul lutteur de l’Histoire à gagner ce titre avant toutes les autres ceintures.

Mais la fête est de courte durée, alors que celui qu’il croyait être son ami, Alexandre le Magnifique, lui déclare son amour sur le ring, tout en se voulant son premier challenger. Le nouveau champion entre dans une colère folle et perd la tête, ce qui était bien sûr le but d’Alexandre. Les 2 hommes se livreront une série de match violents, et le point culminant sera leur match hardcore de ChallengeMania IV, LA référence par laquelle les matches de ce genre furent jugés par la suite.

Golem en sort vainqueur, et poursuit son règne de terreur aux quatre coins de la province durant l’été. Il faudra attendre le 13 décembre à Lavaltrie pour voir son vieux rival Iceman lui ravir le titre dans un combat épique de plus de 20 minutes.

Après une courte rivalité contre Syl Le Sadique et sa Secte, Golem délaisse les championnats et part en guerre contre Dream Killer, qu’il va dominer pendant plusieurs mois avant de s’avouer vaincu dans un ultime match hardcore disputé à ChallengeMania V. cette série rivalisa de violence avec celle de l’année précédente, positionnant le Géant comme un des lutteurs les plus durs de sa proffession. Il réalise aussi que ceux qui sont annoncés comme étant des géants comme Ben le Géant et Les Doormen sont en réalité bien plus petits que lui.

Après avoir vainement passé l’été à vouloir reconquérir son titre, Golem remporte une bataille royale à St-Polycarpe, et surtout redécouvre les vertus du combat par équipes. En effet, il se lie d’amitié avec un autre poulain de Viper, Guy Williams. Ensemble, ils sont les Vipères et s’entendent comme larron en foire sur l’arène. Ils entament la nouvelle saison en disposant facilement de la Cosa Nostra, puis des Dream Warriors et de la Secte. Ils finissent par mettre la main sur le championnat à St-Damase le 21 Décembre. Les quatre équipes se livrent alors une lutte sans répit et le titre change de mains à plusieurs occasions. Nos lascars sont défait en février pour le reprendre en mai à Montréal. Ils le perde à nouveau une semaine plus tard à Valleyfield, et seront incapable de le reprendre à ChallengeMania VI, et cette défaite a pour conséquence que leur gérante Naja Viper sera condamnée à se rapporter la Cosa Nostra pour 30 jours.

Golem se dirige donc à nouveau vers les matches en simple, où il affronte à nouveau Iceman dans une série enlevante de match où les chutes comptent partout. Mais cet intermède est de courte durée, et le 19 juillet Golem et Guy Williams remettent les mains sur le titre en équipe à Berthierville, le patelin de Guy. Le 8 août, ils doivent s’avouer vaincu à St-Benoît.

Mais de nouveaux défis attendent le géant. Dès le gala suivant, il bat son vieil ennemi Dream Killer à Joliette pour le seul titre qui lui avait encore échappé, la ceinture Inter-Cités. Cette fois, c’est avec Marc le Grizzly qu’il a maille à partir, lui cédant la ceinture à Mont-Laurier, pour la reprendre ensuite le 26 septembre à Montréal. Cobra, une recrue, s’est maintenant joint au groupe des Vipères et n’hésite pas à donner un coup de main au champion quand la situation l’exige. Dans les mois qui suivent, Black Eagle, Daniel Léon et Sylvain Lane font parti de ses victimes, jusqu’à ce qu’Yvan L’Imitateur lui ravisse à son tour la ceinture -pour deux semaines seulement. Sa domination se poursuit ensuite jusqu’au 7e ChallengeMania, où il terrasse son ancien mentor et favori local Phil Bélanger. NightStalker, Eric Shelley et Onyx goûtent à sa médecine jusqu’à ce que Steven Le Sweet Boy lui enlève la ceinture dans un combat triangulaire le 7 août.

De grandes chose attendent maintenant notre colosse, des choses à sa mesure. Tout d’abord, lors d’un match revanche contre Sweet Boy, Golem répudie sa gérante pour s’allier avec Ben le King. Contre toute attente, le public se range derrièr lui et il devient, pour la toute première fois, un favori du public. Il ne se gêne pas pour s’en prendre verbalement à Bertrand Hébert, ce qui ne fait qu’ajouter à sa popularité grandissante. Dans sa ville natale, il est maintenant plus populaire qu’Iceman, et il se permet même une victoire dans un combat handicap.

Tout ceci n’est en fait qu’un énorme complot, et l’on apprend 2 mois plus tard que Golem et Ben ont toujours été de mèche avec Hébert, et sa Mafia du Booker. Contre toute attente, Golem blesse alors son partenaire Piranah, dans la scène la plus violente de l’histoire de la lutte Québécoise. En ayant ainsi détruit le champion, il n’aura ensuite car le vaincre, aidé du booker, le 18 décembre 1999 à Montréal. Pour une 2e fois, le géant est en haut de la montagne.

Pour une dernière fois, Golem continuera de dominer la compétion durant près de 5 mois. Il s’incline finalement le 20 mai, en finale de ChallengeMania VIII devant Piranah. Ce fut un superbe combat, que j’ai eu l’insigne honneur d’arbitrer. Il avait auparavant fait serment de se retirer de la lutte en cas de défaite, et il sera le seul lutteur que je connaisse à avoir honoré ce vœu. Plus jamais on ne le revis faire un combat de lutte depuis ce temps.

>Je dois avouer que j’avais moi-même mes doutes qu’il remonterait sur le ring à nouveau un jour. Mes ces doutes ont été à jamais effacés l’année suivante, alors qu’il était intronisé au Temple de la Renommée de la NCW.Il a alors fait l’impensable: retirer son masque devant tout le monde. Nous savions tous alors que nous venions d’assister à la fin d’une glorieuse époque. L’époque d’un homme bon qui jouait un personnage aux antipodes de sa véritable personnalité. L’époque d’un ami dévoué qui se donnait entièrement autant entre les câbles qu’à l’extérieur. L’époque d’un lutteur prêt à se sacrifier pour la compagnie. L’époque du Géant Golem, un véritable géant dans tous les sens du mot.

Merci Stéphane. Tu m’as appris plus que je t’en ai montré..

François Poirier