Martin Robillard

Intronisé le 20 Avril, 2013(18 Mai, 2002)

En septembre 1991, lors de la nouvelle année scolaire, un nouveau venu vient tenter sa chance sur les matelas de la Polyvalente Thérèse Martin. Il est plutôt costaud, et est originaire de St-Paul, près de Joliette.

Après 2 mois d’entraînement intensif au cours desquels il démontre de vives aptitudes pour la lutte, il fait ses débuts devant public le 31 octobre, à Berthierville dans le cadre des activités entourant la fête de l’Halloween. Son nom de lutteur est simplement Roby, un diminutif de vrai nom Martin Robillard. En attendant mieux.

Il progresse rapidement et démontre un penchant certain pour être détesté du public. Moins de 2 mois plus tard, il fait équipe avec Black Bear et participe au tournoi pour le nouveau championnat par équipe, où il s’incline en finale. En mars, il adopte le sobriquet de Dream Killer, une gimmick de vilain cowboy, et s’entiche d’une autre légende, Floyd Broffman, à ses côtés. C’est le début d’une ère de destruction pour le Jet-Set Club, une écurie composée de Phil Bélanger, Le Butcher et Killer.

Le temps passe, et le 7 novembre 1992, il goûte à l’or pour la première fois, alors que le championnat par équipe est encore l’enjeu d’un tournoi à la ronde. Cette fois, il ne laisse pas passer l’occasion et le Jet Set Team, Black Bear et Dream Killer, sort vainqueur. Il faudra attendre l’avènement du tout premier ChallengeMania avant de voir de nouveaux champions. Après ce combat mémorable, Killer congédie son partenaire à coup de chaise, dans une des scènes les plus marquantes de l’Histoire de la NCW. Cet affrontement bestial donna le ton à une guerre à fiir entre les deux hommes, qui perdurera une année entière, et où Killer aura le dessus.

Sa marche vers le succès se poursuit le 19 juin 1993, alors qu’il remporte le tout premier tournoi des maîtres, battant successivement Frank Blues, Kingpin et Steph Bélanger le même jour. Puis la consécration ultime vient le 4 décembre de cette même année; il rive alors les épaules de Frank Blues 2 chutes contre 1 et met la main sur le prestigieux championnat Québécois. Il connaîtra une année record, défaisant les Kruschevv, Lawrence, Ninja et compagnie sur son passage. Un mystérieux lutteur masqué, le Maharadjah fait son apparition, et se révèle plus tard n’être nul autre que le Black Bear, de retour sur le ring. Les deux hommes feront les frais de la finale de ChallengeMania II, où Killer aura de nouveau le dessus.

Le champion laisse une autre année de violence dans son sillage, masacrant entre autres Iceman, Syl Dancer et le Rebel. Floyd lui fait même un cadeau: un valet, WolfDream, qui l’accompagnera sur les abords de l’arène. Ce n’est que lors de la présentation de ChallengeMania III qu’il devra cèder le championnat à Frank Blues, pas moins de 1 an, 5 mois et 29 jours après l’avoir gagné, le 2e plus haut total de l’histoire. Cette épopée lui vaudra une bonne place, la 302e, dans le prestigieux top 500 du magasine Américain Pro Wrestling Illustrated.

Après un série plus difficile en simple par la suite, c’est un Dream Killer revigoré qui revient dans la division par équipe avec un nouveau partenaire, Phil Bélanger. Il devient à la même époque la propriété de la gérante de ce dernier, Miss Naja Viper, qui avait échangé son contrat à Floyd contre celui du Caméléon. Ils forment l’»équipe de Rêve», et ne tardent pas à mettre la main sur le championnat. S’ensuit une série de combat enlevante contre Wild Thing, qui se solde par l’humiliation d’une coupe de cheveux sur le ring lors de la 4e édition de ChallengeMania. Mais le vilain prend sa défaite comme un homme, et ses longs cheveux font place un crâne complètement dégarni.

La vengeance étant un plat qui se mange froid, il patientera jusqu’au 13 septembre 1996 pour s’en prendre à Phil et Naja, qu’il considère les responsable de sa défaite, ainsi qu’au Rebel, son nouveau poulain. Il tentera aussi de démembrer la Secte, nouvellement formée au début de l’année 1997. Mais Naja a un autre protégé: le Géant Golem. C’est avec ce colosse que Killer, maintenant un favori de la foule, aura des démêlés toute l’année, sans grand succès, il faut bien l’admettre. C’est seulement lors de ChallengeMania V qu’il prendra le dessus, avec une solide victoire dans un match sans disqualification.

Après une courte période de remise en question, où il s’aligne même avec Aphrodisia, les cheveux repoussent, mais les absences sont fréquentes, ainsi que les défaites. C’est que les blessures aux genoux et au dos n’ont pas eux le temps de guérir sous cet horaire chargé, et il en paye lourdement le prix. C’est finalement le 30 novembre 1997 à St-Damase qu’il prendra la mesure d’Alexandre le Magnifique pour le championnat Inter-Cité. Il la perdra ensuite devant Syl Le Sadique, et entrera en rivalité avec l’écurie de ben le King, où se trouve la Cosa Nostra, et aussi Alexandre, qu’il affrontera à ChallengeMania VI dans un combat triangulaire sans disqualification. Le 11 juillet, toujours à Joliette lors de Dream Slam, il bat Chakal pour son 2e règne de champion Inter-Cités. C’est finalement Golem qui lui ravira la ceinture le mois suivant.

Mais il s’agissait seulement de reculer pour mieux sauter. Après une série de victoire au dépend de son vieil ennemi le sadique, Killer fait taire tous ses dénigreur en battant nul autre que Marc le Grizzly la veille de Noël avec sa prise du cauchemar. Les 2 hommes s’échangeront le titre à 2 reprises, faisant de Killer le 3e lutteur seulement à compter 3 règnes de champion Québécois.

La mode est maintenant aux match dits «hardcore», un style taillé sur mesure pour notre homme. Les coups de poubelles, de chaises et autre objets incongrus se feront donc de plus en plus fréquents. Il revient du côté des vilains en détruisant systématiquement ses partenaires moins fortunés et plus légers, entre autres Kid Rock et Deniss Sensation. Puis il devient une pièce maîtresse de la fameuse «Mafia du Booker», menée par Bertrand Hébert. C’est dans cette écurie qu’il aura le prévilège de lutter contre l’ancien champion de la WWF Pierre-Carl Ouellet, et de se mesurer à la nouvelle coqueluche de l’heure, Piranah. En équipe avec Iceman, son 3e partenaire, il aura un match mémorable devant 600 personnes à Montréal devant Deadly Venumm à ChallengeMania VIII.

Mais c’est mal connaître Killer que de penser qu’il va garder le partenaire dans son entourage bien longtemps. En effet il s’en prendra peut après à Iceman dans une nouvelle série de combats enlevants, sous les ordres de Ben le King, jusqu’à ce qu’il fasse équipe avec son ex-partenaire Phil Bélanger, pour un match de légendes contre Iceman et Frank Blues, les Wild Thing originaux, à ChallengeMania IX.

Puis la mafia agonise et meurt lentement, laissant Killer en solo. Il remportera par la suite le nouveau championnat Hardcore, un des rares titres à lui avoir échappé jusqu’ici. C’est ainsi qu’il en viendra aux prises avec un vieil ennemi, Guy Williams, anciennement le Rebel. Les 2 gladiateurs conviendront de s’affronter dans un combat de tables marathon à ChallengeMania X. Killer remportera le combat In Extremis, envoyant du même coup son adversaire à l’Hôpital.

Plus de onze ans après avoir timidement apris les rudiments du métier, Dream Killer est devenu une légende du Hardcore, un nom synonyme de la lutte au Québec. Personne n’aura travaillé dans la douleur autant que lui, autant en l’infligeant aux autres, qu’en en repoussant les limites sur son propres corps. Il se retire avec le sentiment légitime du devoir accompli, et seule sa tenacité lui aura permis de se rendre à l’objectif de 10 ChallengeManias qu’il s’était fixé, le seul à avoir réalisé cet exploit. Car son corps lui réclamait d’arrêter bien avant. Il appartient plus que quiconque au prestigieux Temple de la Renommée de la NCW.

François Poirier